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TÉMOIGNAGE
M'envolant pour le Honduras en 1968, tout juste après la fin du Concile, dans l'élan apostolique qu'avait suscité ce grand événement d'Église, je voulais, comme toute bonne missionnaire, parler de Jésus-Christ, annoncer l'Évangile à un peuple qui, tout en étant chrétien, c'est-à-dire baptisé, avait besoin d'approfondir sa foi. Je partais donc avec le désir de donner beaucoup de ma personne et de mes connaissances religieuses. Mais, peu à peu, j'ai découvert l'importance du dialogue, du partage de la Parole de Dieu, de la révélation mutuelle pour grandir dans la foi. Car l'identité missionnaire est liée à l'expérience de la foi. Au contact de gens pauvres, humbles et réceptifs à la Parole, j'ai appris à recevoir autant qu'à donner. J'étais donc l'évangélisée et l'évangélisatrice. Et si je persévère dans la mission « ad gentes» aujourd'hui, c'est pour continuer de partager ma foi, pas tant par la parole ou l'énoncé de contenus doctrinaux, que par le témoignage d'une présence humble, attentive, que je voudrais remplie de tendresse et de sollicitude. Je me vois maintenant plus prophète que catéchète. Je dois ajouter que mon apostolat dans un pays pauvre m'aide à mieux vivre la radicalité de la vie religieuse. Oui, les «pauvres nous évangélisent ». Leur simplicité, leur accueil, le désir de partager ce qu'ils ont, m'invitent à me contenter de peu et à vivre davantage le charisme de la Congrégation. Pour terminer ce bref témoignage sur mon expérience missionnaire, je fais miennes les paroles du Père Simon Pierre Arnold, o.s.b. dans son volume: La foi sauvage: «Ce ne sont pas les pauvres qui ont besoin de moi, c'est moi qui ai besoin d'eux». Laurette Brière, R.S.R.
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